Heureux êtes-vous !

HOMELIE DU PERE JACQUES WERSINGER

Fête de la TOUSSAINT

                                      L’évangile de la fête de la Toussaint est un évangile de vie, et non un regret nostalgique ou un rêve impossible. Nous entendons souvent cet évangile lors des obsèques parce que nous pressentons que, dans des vies humaines fragiles et imparfaites, celui-ci-ci, celle-ci, avec tous ses défauts, vivait déjà, même petitement, ces valeurs évangéliques qui viennent de Dieu et nous portent vers Dieu.

                                   

                                      La Toussaint ne signifie pas que nous sommes tous saints, automatiquement, loin de là. Mais la sainteté peut se vivre dans des situations infiniment variées. Nous ne choisissons ni notre lieu ni notre époque pour être saints. La sainteté, c’est la manière dont nous pouvons réagir, dans l’esprit du Christ, face à des évènements et des situations que nous n’avons pas choisis. La sainteté des monastères et la sainteté de nos maisons et de nos rues, et même la sainteté dans les guerres et dans les prisons sont possibles. Et nos défauts personnels nous apprennent ce qu’est la vraie sainteté aux yeux du Christ : Des pécheurs remettant leur dette à ceux qui leur doivent et pardonnant à ceux qui les ont offensés. Et c’est cela qu’il nous faut vivre et annoncer au monde. Il ne suffit pas de « vivre notre religion » en paix sans s’occuper de l’extérieur. Le monde n’est pas étanche, et nul n’est à l’abri de sa violence. Jésus le premier en fut victime.  C’est pourquoi Il faut convertir le monde au message des béatitudes. La paix, la miséricorde et tout le reste ne sont pas réservées à nos cercles chrétiens. C’est ce que nous avons à offrir à tous, ce en quoi nous sommes sel et lumière…

   

                                      Les récents évènements nous interpellent avec force au moment où nous entendons le message de béatitudes. Jésus a proclamé les béatitudes dans un milieu ou « œil pour œil dent pour dent » était la devise, et ou la défense de l’honneur de Dieu et de ses commandements menaient aux pires atrocités. Même les apôtres avaient voulu faire descendre le feu du ciel ou frapper par l’épée. Mais à défendre Dieu on finit parfois par se substituer à Dieu, et faire un dieu à notre image. Or Jésus nous annonce le Père, qui aime chacun sans exception.

                                      Les béatitudes sont notre ligne de vie. Mais une béatitude ne peut être isolée. On ne choisit pas ce qui nous plait en refusant le reste…. Car la douceur peut devenir lâcheté et indifférence, le souci de justice devenir impitoyable, la pureté mener à s’isoler, la volonté de paix engendrer et l’injustice et le désengagement. Pas de paix sans justice, pas de justice sans miséricorde, pas de douceur sans combat. Sans un esprit pauvre, non empli de sa propre suffisance, pas de rencontre, pas de partage, pas de joie, pas de paix possible sans un cœur pur non tiraillé entre des désirs contradictoires et incohérents.  Chacun, avec son tempérament et son histoire personnelle, dans son métier comme dans sa famille doit s’exercer à vivre toutes les béatitudes sans en laisser une de côté. Ce ne sont pas de portions de nos existences qui sont appelées à la sainteté, mais chacun tout entier.

                                      Les martyres de Nice rejoignent la longue file des hommes, femmes et enfants, qui, dans bien des pays, souffrent ou meurent par fidélité à leur foi en un Dieu qui refuse l’engrenage infernal de la violence. Ils rejoignent l’immense chœur de louange de ceux qui, dans l’Eternité de Dieu, savent qu’ils ne se sont pas trompés, et voient enfin avec joie ce que nos yeux de chair ne voient pas encore : le triomphe de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort. Les difficultés et épreuves ne sont pas une raison pour désespérer, mais pour montrer qui nous sommes, en quoi nous croyons.   

                                      Les enfants vont communier au corps du Christ. Communier, communier veut dire « être en communion ». Être d’accord avec ce que dit et fait celui avec qui je suis en communion. Sommes-nous en communion avec les paroles du Seigneur. Sommes-nous en communion avec son esprit.  Acceptons-nous de nourrir nos vies de l’Esprit des béatitudes, de mettre en œuvre le programme que Jésus vient de proclamer à ses disciples sur la montagne ? S’il en est ainsi, nous pouvons communier au corps du Christ, puisque nous sommes en communion avec l’Esprit du Christ, l’Esprit des béatitudes. Et alors la Toussaint est vraiment notre fête.

Paroisse de Saint Memmie              Diocèse de Châlons en Champagne

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Monseigneur Gilbert LOUIS

Evêque de Châlons