Nos frères et sœurs défunts.

2 novembre 2020

                                    « La commémoration de tous les fidèles défunts », le 2 Novembre, suit la Toussaint. C’est le jour du recueillement, de la visite aux tombes de nos proches. A la messe on cite le nom de tous ceux qui nous ont quittés depuis un an. Mais pourquoi distinguer ce jour de celui de la Toussaint ?

                                    La Toussaint est la fête de la vie. Elle est dans la dynamique de Pâques. Dans le sillage de la résurrection du Seigneur, tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, lui avaient ouvert leur porte, sont accueillis dans la « Jérusalem céleste » où seule la joie les attend.

                                    Mais quand avons-nous ouvert ou fermé notre porte, consciemment ou inconsciemment au Seigneur ? Et que savons nous des fautes secrètes des uns et des autres ? Pourrait-on d’un coup d’éponge tout effacer et renvoyer dos-à-dos les justes et les injustes, les coupables et les victimes ?

                                    Notre Dieu « bon » est aussi le Dieu « juste ». L’appel inlassable à la conversion suppose qu’il peut y avoir aussi un refus de se convertir. Tous les fils prodigues finissent-ils vraiment par retourner chez le Père ? L’entrée dans la Maison de Dieu n’est-elle qu’une formalité, quelle qu’ait été notre existence ?

                                     Autrefois les images d’un enfer, ou rôtissent aussi bien des moines, rois et évêques que de parfaits inconnus, voulaient faire passer le message, à l’image des parents qui brandissent la menace par amour de leurs enfants, qu’il fallait dès maintenant se convertir… et ne pas transformer la terre en enfer.

                                     Le « purgatoire », quant à lui, serait plutôt comparable à une « salle de bain » où nous prenons le temps de nous laver – ou plutôt de nous laisser laver – de toute la crasse accumulée dans les plis de nos cœurs avant de paraître devant Dieu et devant nos frères, pour la noce éternelle.

                                     En fait, nous ne pouvons faire qu’une seule chose : faire du mieux possible, et pour le reste, nous en remettre totalement à la grâce de Dieu. C’est en ce sens que nous prions pour les défunts. Qu’ils soient jugés par un Père compatissant et non par un juge impitoyable.

                                     Mais puis-je demander à Dieu ce que je ne voudrais pas moi-même accorder ? Puis-je prier pour un défunt dont je souhaiterai qu’il souffre éternellement ? Sartre prétendait que « l’enfer c’est les autres ». Croyons-nous que « le paradis c’est les autres » ? Qu’ils nous manqueraient au ciel ?

                                     En priant pour les défunts, en nous faisant les avocats de ceux qui ne peuvent plus parler ni réparer le mal commis, en faisant preuve de fidélité et de miséricorde par-delà la mort, nous accomplissons sans doute le geste à la fois le plus humain et le plus divin qui soit, et l’Esprit de Dieu nous guide.

Paroisse de Saint Memmie              Diocèse de Châlons en Champagne

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Monseigneur Gilbert LOUIS

Evêque de Châlons