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FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 11ème partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé - Archiprêtre de la Cathédrale 

Une nouvelle joie nous était réservée, et cependant, elle ne devait pas être encore la dernière ! Nous allions entendre un des nôtres, M. Quittat, doyen de Montmirail, célébrer les grandeurs de Saint Memmie avec les accents d’une véritable éloquence. Qu’il est regrettable que la foule n’ait pu trouver place dans l’église, trop étroite malheureusement pour de pareilles solennités !

L’orateur prit pour texte de son discours la recommandation de Saint Paul, si bien appropriée à la circonstance : « souvenez-vous de vos chefs qui vous ont enseigné la parole de Dieu et, considérant le dénouement de leur vie, appliquez-vous à vivre comme eux et à imiter leur foi ».

De cette parole féconde, l’orateur a fait sortir les trois grandes divisions de son discours : - la vie du saint Apôtre de Châlons - l’histoire de son tombeau et de ses reliques - la survivance de Saint Memmie, et comme la prolongation de sa vie dans l’histoire rapidement esquissée des évêques qui lui ont glorieusement succédé.

L’orateur a rappelé, à son début, l’origine de l’œuvre ; elle est dans ce sentiment légitime de douleur qu’éprouva Mgr Meignan en constatant, lors de son arrivée à Châlons, l’état misérable de l’église et du tombeau de notre saint Apôtre. « Vous vîntes alors, Monseigneur, dit l’orateur, courber votre front sur ce tombeau, mais, en vous relevant, vous jurâtes que vous ne donneriez aucun repos avant d’avoir bâti une église pour votre glorieux prédécesseur, avant de lui avoir donné une demeure vraiment digne de lui. Ce serment, vous l’avez tenu. Et maintenant, levez-vous, Memmie, vers le lieu de votre repos, vous et l’arche de votre puissance ! »

Ce que fut Saint Memmie aux jours de sa vie mortelle, l’orateur le montre dans sa première partie ; il expose les principaux traits de sa vie, insistant surtout sur la dignité et les obligations du chrétien, sur les sacrifices que la foi impose ; il propose au clergé Saint Memmie comme un modèle des vertus qui s’imposent à tous les bons prêtres.

Il est une vertu que l’orateur a fait très justement ressortir dans Saint Memmie, c’est sa patience évangélique. Quand il fut chassé par les Châlonnais, qui ne voulaient point ouvrir l’oreille à ses prédications, loin de se rebuter, que fit notre apôtre ?

Il vint se retirer ici, sur ce monticule ; il y pria, il y jeûna, il y fit pénitence pour les prévaricateurs. C’était comme sa redoute : de là, il faisait le siège de Châlons. Et si ce siège dura quelque temps, le succès finit par lui appartenir, puisque l’année d’après, Memmie y entrait en vainqueur.

FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 12ème partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé - Archiprêtre de la Cathédrale 

L’orateur montre ensuite le zèle de Memmie s’étendant au nord, à l’est, au couchant, au midi de la ville. Au nord, il poussait jusqu’au fond des Ardennes ses courses apostoliques. Au midi, il convertissait la ville de Perthes. Placé à proximité de la Lorraine, Perthes était un des séjours favoris de notre Apôtre : la bonté de ses habitants le rendait cher à Memmie ; et puis, ne s’y rencontrait-il pas souvent avec ce doux pontife de Toul, Mansuet, son collègue ? Là commençaient ces saintes amitiés qui durent encore et dont nous retrouvons les témoignages dans les douces relations qui tiendront toujours unis les vénérables successeurs de Toul, il y avait Sixte à Reims, Sinice à Soissons, Lucien à Beauvais, pontifes amis de notre apôtre, et qui revivent, avec toutes leurs vertus, dans ces vénérables évêques venus à cette fête pour aider l’héritier de Memmie à honorer dignement la mémoire de notre Père.

Dans la seconde partie de son discours, l’orateur fait l’histoire des reliques et du tombeau de Saint Memmie. Plusieurs périodes fort diverses partagent cette histoire.

Période d’obscurité d’abord. C’est le temps des persécutions, dont la Champagne, si ce n’est le diocèse de Châlons, ne fut pas exempte : c’est l’époque des grandes invasions des barbares. Dieu ne voulut pas exposer aux profanations les corps de nos saints : il en réservait la manifestation pour des jours meilleurs.

On croyait à jamais perdu le corps de Memmie, quand Dieu le fit apparaître d’une façon inespérée et dans des circonstances merveilleuses. Une sécheresse affreuse régnait dans la contrée. C’était vers 675. Un matin, tandis que les moines chantaient leur office, la terre s’ouvrit à une grande profondeur près de leur église ; l’eau en sortait comme d’un puits, prodigieusement abondante, et se répandait, en s’élevant, sur le terrain voisin. Et comme on en cherchait la source, on remarqua que cette eau abondante et limpide n’avait d’autre origine qu’un cercueil de plomb entr’ouvert, d’où elle sortait.

On retira le cercueil ; il contenait le corps même de Saint Memmie : Dieu le rendait enfin aux hommages de ses enfants. Et la source merveilleuse qui depuis, n’a point tari, c’est ce puits, si connu de nos pères, placé au midi de l’église nouvelle, près du croisillon, et fermé en ce moment d’une pierre, mais qui sera rendu, nous l’espérons, à la piété des malades dont il a plus d’une fois, par la vertu de ses eaux, procuré le soulagement. Le tombeau ouvrait ainsi sa période glorieuse.

FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 13ème partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé-Archiprêtre de la Cathédrale

Dans tout le moyen âge jusqu’aux temps modernes, il a été visité par des pèlerinages continuels et souvent lointains, et des merveilles s’y sont opérées innombrables. Car, selon la juste remarque de l’orateur, le culte des saints fait partie de la religion envers Dieu et constitue les fortes assises sur lesquelles la France est fondée. « Vive le Christ qui aime les Francs, lisons-nous au prologue de la Loi Salique ; car cette nation est celle qui, brave et forte, secoua de sa tête le dur joug des Romains, et qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, orna somptueusement d’or et de pierres précieuses les corps des saints martyrs, que les Romains avaient brûlés par le feu, massacrés par le fer ou fait déchirer par les bêtes. » ;

Ce culte de la France pour les reliques des saints est tellement cher à Dieu, qu’au témoignage de l’histoire, notre pays a toujours été florissant et glorieux quand le culte des saints y a été en honneur, et que la splendeur de la nation a été obscurcie quand ce culte s’y est ralenti. Et Baronius ne craint point d’affirmer, en ses savantes Annales, que la France, fondée sur le culte des amis de Dieu, durera aussi longtemps que ce culte lui-même.

Mais si dans tous les saints, nous devons envisager des protecteurs et des amis, c’est surtout dans les saints qui ont habité la région même où nous vivons. Saint Hilaire constate « qu’il s’établit une sorte d’identification entre les lieux et ceux qui les habitent ; le sol s’imprègne de la sainteté de ceux qui le foulent ».

A la même époque que Saint Hilaire, Saint Basile de Césarée exposait cette doctrine consolante dans l’Eglise d’Orient. Combien donc le culte de ces saints, qui ont connu nos pères et vécu ici même au milieu d’eux, doit nous être précieux ! Cette terre est vraiment sainte pour avoir été le théâtre de leurs vertus, pour être encore la dépositaire de leurs ossements sacrés !

Néanmoins le malheur des guerres infligea un déclin au culte de nos saints protecteurs. C’est l’époque de Charles-Quint et de ses invasions en France ; c’est le temps du protestantisme et des guerres de religion, douloureuse période, période de décadence dans laquelle entre le saint tombeau. L’église disparaît ; la religion envers Saint Memmie en demeura fort atteinte.

FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 14ème partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé-Archiprêtre de la Cathédrale

L’introduction des Commendes dans les abbayes contribua pour beaucoup aussi à perpétuer ce déclin. La Révolution française fit le reste. Il y avait tant à réparer dans l’église de Châlons quand fut renouée la chaîne de ses pontifes, que le tombeau resta encore de longues années peu visité.

Mais voici que Dieu, dans sa miséricorde, envoie au peuple de Saint Memmie une douce colombe, en signe que le déluge a complètement cessé ; elle tient dans son bec un rameau couvert de fleurs et chargé de fruits.

Ce n’était pas seulement des promesses de restauration pour le culte de nos saints que vous nous apportiez, Monseigneur, a dit l’orateur, c’était la volonté avec les moyens d’aboutir et, si je me taisais, ces pierres crieraient pour moi, elles proclameraient que c’est à vous, Monseigneur, que Saint Memmie doit ce beau monument qui s’élève sur son tombeau glorifié.

Dans la troisième partie de son discours, l’orateur montra Saint Memmie se survivant dans les évêques de Châlons : parmi eux, que de saints, que de grands hommes ayant bien mérité de Dieu et de leur peuple par leur administration pleine de sagesse et de bonté !

D’eux le peuple pouvait bien dire : il fait bon vivre sous la crosse ! Ils aimaient leur bonne ville de Châlons et leurs abondantes libéralités aux jours des calamités publiques les désignaient à leurs diocésains comme les successeurs légitimes de Memmie, ce grand ami de ses frères. Leur forte race n’est point éteinte.

Memmie, Donatien et Domitien, ces saints évêques qui ont commencé l’Eglise de Châlons, l’orateur nous les a fait voir, par le plus heureux rapprochement, dans nos trois derniers pontifes qui se sont succédé sur le siège de notre apôtre.

Saint Memmie, accouru de Rome pour doter nos pères de la foi chrétienne, la leur donnant au prix de tant de fatigues et poursuivant son apostolat jusqu’à l’extrême vieillesse, ne le retrouvons-nous pas dans le vénérable Mgr de Prilly, venant à nous d’Avignon, la Rome française, pour relever toutes les ruines que l’impiété révolutionnaire avait amoncelées parmi nous et s’employant jusqu’à une vieillesse avancée à remettre sur ces bases l’œuvre de Memmie ? Il avait la piété du saint apôtre, et son insigne modestie. Il meurt.

FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 15ème partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé-Archiprêtre de la Cathédrale

 

 

 

Mais un autre Donatien est là pour recueillir l’héritage de Memmie. Notre vieille liturgie l’a peint d’un mot : Donatien était un homme de Dieu, un homme d’une bonté touchante ; l’obéissance lui avait fait accepter la lourde charge de l’épiscopat. Qui ne reconnaît à ces traits Mgr Bara ?

Et enfin Domitien, c’est vous, Monseigneur ; à quel autre conviennent mieux qu’à vous ces traits sous lesquels l’histoire nous représente le second disciple de Saint Memmie ? Vous en avez la science, vous nous en représentez la bonté, vous nous donnez les œuvres de son zèle.

Que Dieu vous comble de ses bénédictions les meilleures et les plus durables : vous y avez droit, puisque vous avez tout fait pour glorifier Memmie, votre Père et le nôtre.

Le salut fut ensuite célébré solennellement par Mgr de Beauvais, et quand l’officiant de la soirée, Mgr Meignant, eut entonné le Te Deum, le cortège reconduisit au chant de l’hymne sainte les six évêques dans la cour d’honneur du Petit Séminaire.

A ce moment, le spectacle était incomparable. Une foule immense remplissait le Séminaire. A toutes les fenêtres, à toutes les issues de la maison, sur l’étendue de la vaste terrasse, des têtes innombrables ! Guirlandes vivantes et d’une charmante variété !

Tous les âges, tous les rangs, toutes les conditions réunis, confondus dans les mêmes sentiments de respect, de joie, de désir d’entendre Mgr l’archevêque de Reims et de recevoir la bénédiction des six évêques.

Une estrade avait été élevée pour cette dernière cérémonie. Les oriflammes qui la décoraient portaient, avec les armes de Mgr Meignan, le souvenir glorieux pour lui de la restauration du tombeau et du culte de notre Apôtre. Le psaume 131 en avait fourni les textes.

Mgr Langénieux, dans un très beau langage, exprima toute la joie qu’il éprouvait à la fin d’une si belle journée. Oui, il nous est bon d’être ici. Cette joie nous vient de l’union à Dieu, de la société des saints, de cette sympathique assistance, de l’illustre compagnie de ces pontifes, dont Mgr de Châlons, a fait remarquer l’illustre orateur, est le doyen par la consécration épiscopale. Le ciel est lumineux et serein.

FETES RELIGIEUSES DE SAINT MEMMIE 16ème et Dernière partie

Récit des fêtes par M. le Chanoine LUCOT

Curé-Archiprêtre de la Cathédrale

 

Et de ce beau ciel, je vois descendre une charmante colombe, aimable et douce, nous apportant cette leçon charmante comme elle : « Paix dans la charité ! » Mgr de Reims a commenté avec un grand bonheur cette devise des armes de Mgr Meignan.

La paix dans la charité, c’est l’ordre dans la conscience, c’est l’ordre dans la famille. Cette paix ne nous viendra que par l’union à Dieu dans l’accomplissement de ses commandements, par l’union entre ses frères, dans le support mutuel et l’exercice de la charité. Retenons bien cette devise.

Pour l’avoir oubliée, nos pères ont subi de brutales invasions, ils ont vu bivouaquer l’étranger sur le tombeau même de Saint Memmie, et nous-mêmes, pour l’avoir méconnue, nous avons vu nos maisons, et plusieurs de ces illustres collègues qui m’entourent, leurs palais, occupés par le Prussien.

Donc, union avec Dieu, union entre nous, « Paix dans la charité » c’est la sérénité et le bonheur pour le temps et pour l’éternité.

Après ces belles paroles, qui furent plusieurs fois applaudies, NN. SS. les évêques donnèrent ensemble la bénédiction à la foule profondément attendrie.

Ainsi s’est rouverte le 5 août l’ère des pèlerinages au Tombeau de Saint Memmie. Pendant l’octave de la dédicace de son église, les paroisses de la ville sont venues successivement célébrer les Saints Mystères devant les Reliques de nos bienheureux Patrons ;

Et le mardi 12 août, MM. les chanoines du Chapitre ont tenu à honneur de clore cette glorieuse octave et de rendre en corps un solennel hommage au saint fondateur de l’Eglise de Châlons.

Paroisse de Saint Memmie             
                                                     Diocèse de Châlons en Champagne